23 February 2017

Philatélie: un timbre russe

La série Bas-de-Cuir immortalisée par la poste russe

Mes lecteurs savent que je suis philatéliste à temps perdu. Je collectionne principalement des timbres en lien avec ces trois sujets: dinosaures et animaux disparus, le folklore et enfin, la Nouvelle-France. Avec les récentes manchettes de scandale entourant la Maison blanche de Trump et l'ampleur de ses liens avec la Russie, je vais m'amuser un peu en vous dévoilant ma pièce de collection préférée portant sur la Nouvelle-France émise par… la Russie!

Pas capable...
J'aimerais introduire ce timbre en vous confiant un secret. Bien que j'adore le film Le Dernier des Mohicans de Michael Mann,  je n'ai jamais pu finir la lecture du roman original de James Fenimore Cooper. Pas capable. D'une lourdeur insupportable, ce roman se lit comme la Bible… Même Mark Twain l'aura sévèrement critiqué. Néanmoins, ce roman est rapidement devenu l'œuvre la plus célèbre de l'auteur et a été adapté dans divers médias, soit à la télé, au cinéma et même en bandes dessinées. En effet, lorsque je parle de la guerre de Sept Ans à quelqu'un qui ne connaît pas son histoire, je n'ai qu'à évoquer Le Dernier des Mohicans pour qu'on ait une image instantanée de la période. Il va sans dire que le roman est devenu au fil des siècles l'un des plus importants et des plus populaires de la littérature américaine.

Mais on pourrait facilement s'étonner de découvrir que le roman a ses amateurs… en Russie! En effet,  les romans de Fenimore Cooper ont été très bien reçus, même pendant l'ère soviétique! Et encore aujourd'hui, Fenimore, le nom par lequel il est connu là-bas, continue de se faire traduire à ce jour.

L'engouement pour l'exotique et l'aventure peuvent certainement expliquer d'une part la fascination pour les livres de Fenimore Cooper, mais il y a aussi le fait que ses romans ont pendant longtemps fait partie des quelques livres étrangers qui n'étaient pas censurés. La culmination de cet passion fut la reconnaissance nationale de la série Bas-de-Cuir (Leatherstocking) par la poste russe en 1989. On ne peut s'empêcher de remarquer qu'il s'agit également de la même année que la tombée du mur de Berlin.  

Le Dernier des Mohicans
Alors que ci-haut j'évoquais l'aspect "exotique" des écrits de Fenimore Cooper, cette série de timbres évoque une image assez comique contrastant la réalité américaine du XVIIIe siècle. D'une part, on y trouve un Huron-Wendat portant une coiffe de guerre appartenant plutôt aux  Indiens des Plaines. Et que dire du jaguar qui fait figure de cougar? Enfin, pour ne nommer qu'une autre critique, il va de soi que la plupart des habits sont anachroniques.

N'empêche, ce curieux mélange d'art soviétique et de littérature américaine me fait sourire à chaque fois que je croise ce timbre dans ma collection, et j'espère qu'elle vous fera sourire aussi.

Sources:


James Fenimore Cooper lui-même est
immortalisé par la poste américaine en 1940.
Un timbre semblable est émis en Russie en 1989.

17 February 2017

Gros yeux

Un brin d'humour après une bière ou deux avec des amis :)













04 February 2017

Mise à jour

Un gros bonjour à mes lecteurs et lectrices,

Je tiens à m'excuser si je n'ai pas été très actif ces derniers mois sur mon blogue. En décembre, je suis allé au Michigan passer le temps des fêtes chez la famille de ma copine. J'y ai passé plus de temps que prévu. Après un retour d'une semaine à Québec, j'ai repris la route (par train) pour rejoindre ma propre famille pour quelques semaines en Ontario. Pendant ce temps, je tente aussi bien que mal de faire avancer ma thèse. Ceci dit, j'ai dû renoncer à de nombreux projets intéressants afin de m'avancer le plus rapidement possible dans ma rédaction et ma recherche. J'espère terminer mon dépôt initial d'ici l'été 2018. 

Toutefois, cela ne veut pas dire que je vais complètement m'isoler comme un ermite, non! J'ai le plaisir d'annoncer que je vais participer au mois de mai à la 22e édition du War College of the Seven Years' War du fort Ticonderoga dans l'état de New York.

Au plaisir de publier des billets un peu plus souvent pour me faire pardonner des derniers mois!

J'ai eu le plaisir de retrouver le nain rouge de Détroit
sous forme d'une bière délicieuse!

Three Rivers... il ne s'agit pas de Trois-Rivières!
On se trouve ici au Michigan!

Ma plus récente lecture de train.
À se procurer absolument!

12 January 2017

Nouvel article dans la Revue du Nouvel-Ontario

La Revue du Nouvel-Ontario vient de publier son collectif à l'occasion du colloque Quatre siècles de présence française en Ontario. J'ai eu le plaisir d'y contribuer:

« Du lys naquit le trille : survol historiographique de l’Ontario sous le Régime français et perspectives de recherche. », Revue du Nouvel-Ontario, Numéro 41 (2016), pp. 33-58.

02 January 2017

Bonne année 2017!

J'aimerais souhaiter une bonne année 2017 à mon lectorat et remercier ceux qui m'ont appuyé en 2016 en achetant mon premier livre. Ceci dit, j'ai le bonheur d'annoncer que le Journal de Montréal le place parmi les 12 meilleurs essais de l'année! Joie! http://www.journaldemontreal.com/2016/12/30/les-12-meilleurs-essais-de-lannee-selon-moi


01 December 2016

Grands personnages, petits moments...

Diorama « Le Chevalier de Lévis brûle ses drapeaux, 8 septembre 1760 »
Musée du Royal 22e Régiment, Citadelle de Québec.
Source: Wikipedia

Un de mes plus grands plaisirs lorsque je fais de la recherche dans les sources premières est de tomber sur des petits brins d’humanités.

Je m’explique.

Je travaille souvent avec la correspondance de personnages éminents de l’histoire canadienne-française. La société a élevé ces gens sur un piédestal de respect, de grandeur et franchement, de mythe. Prenons le chevalier de Lévis, par exemple. Le second de Montcalm, on le connaît comme celui qui a mené les Français à la victoire lors de la bataille de Sainte-Foy en 1760. La même année, il a refusé aux Britanniques la satisfaction de leur donner les honneurs de la guerre, optant plutôt de brûler les étendards français et cassant son épée. Ce sont là les ingrédients d’un culte de personnage historique : stoïque, borné, noble, Lévis est l’image même du héros de guerre.

Mais l’historien se méfie de partager ce même regard obnubilé de la mémoire populaire. Certes, Lévis et ses semblables ont porté des gestes dignes d’admiration, mais il ne faut pas oublier que ces héros de notre histoire nationale étaient des gens en chair et en os, non des demi-dieux dignes d’un panthéon romain.


Pourtant, rentrer dans l’intimité du vécu journalier de Lévis et ses frères d’armes peuvent parfois créer un paradoxe intéressant. D’une part, l’historien/ne déboulonne le mythe et le culte du personnage, mais de l’autre, il ou elle peut tout autant doubler d’admiration en découvrant des petits moments qui rendent ces mêmes personnages plus humains, plus rejoignables.

Je vous partage deux moments du genre au sujet de Lévis.

Le premier, une de mes anecdotes les plus amusantes à son sujet, lui arrive lorsqu’il mène une mission de reconnaissance sur une montagne du lac Champlain pour vérifier d’où est-ce que les Britanniques espionnaient le fort Carillon. Quelques jours plus tard, il dicte ce mot à l’intendant Bigot :
« Je ne vous écris pas de ma main, parce que, hier, j'ai été sur la montagne de l'autre côté de la rivière, vis-à-vis de notre camp, à l'endroit où sont venus les découvreurs ennemis; j'ai fait une chute je me suis foulé le poignet et j'ai été fort heureux de ne m'être pas cassé le col. » (Lévis à Bigot. Le 4 août 1756, dans H. R. Casgrain (dir.), Lettres du chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (1756-1760), Montréal, C. O. Beauchemin & Fils, 1889, p. 66.)
Quel délice mesquin que d’imaginer le pauvre Lévis, héros de nos livres d’histoire, piquer une méchante débarque, comme on dirait en bon canayen, l’ego meurtri plus que d’autre chose…

Nous avons aussi une petite fenêtre sur la façon qu’il percevait ses sous-officiers, du moins en ce qui concerne sa proche amitié avec un officier des troupes de la Marine, grâce à ces deux extraits :
« J'ai encore une autre grâce à vous demander qui est de vouloir bien accorder votre protection à M. de Fontbrune, capitaine réformé au régiment de la Marine. Il m'a suivi dans ce pays par amitié et par attachement; il m'est très utile; je lui ai bien des obligations. M. de Montcalm et moi demandons avec beaucoup d'instances à M. le marquis de Paulmy qu'il soit fait cette année chevalier de Saint-Louis; il mérite cette grâce par ses services. Je vous supplie d'avoir la bonté de lui en parler je serois bien satisfait si votre recommandation la lui procuroit. » (Lévis à Mme. de Mirepoix. À Montréal, le 24 septembre 1757, dans Casgrain (dir.), Lettres du chevalier de Lévis…, pp. 169-170.)
Malheureusement, cette grâce ne sera jamais accordée, comme l’explique Lévis :
« J'avois eu l'honneur de vous demander une augmentation d'appointements pour le sieur de Fontbrune, dans mes dernières lettres. Il est mort de maladie le mois dernier c'est une perte pour le service du Roi. Il étoit passé avec moi en Canada; je le regrette infiniment; il m'étoit attaché et je l'avois engagé de venir en Amérique. » (Lévis à Paulmy. Le 8 octobre 1757, dans Casgrain (dir.), Lettres du chevalier de Lévis…, p. 173.)
Comme quoi, même si ces braves héros de notre passé ont vécu entouré par la mort sur le champ de guerre, ils n’étaient pas moins soumis au deuil de la perte de proches.

Donc en rires ou en larmes, il est souvent possible de trouver matière à se rapprocher humainement de ces héros de la mémoire populaire, sans nécessairement faire abstraction de la rigueur historique.